L’intelligence spirituelle (ou QS, quotient spirituel) désigne la capacité à mobiliser le sens, les valeurs et une conscience élargie pour résoudre les problèmes existentiels et orienter son comportement. Certains chercheurs la présentent comme une troisième forme d’intelligence, après le QI (cognitif) et l’intelligence émotionnelle. D’autres contestent qu’il s’agisse vraiment d’une “intelligence” au sens strict. Les deux positions s’appuient sur des données, et les deux méritent d’être connues avant de se faire un avis.
En 2021, à la Jamaïque, Julie Dachez vit une extase mystique de plusieurs heures sous psilocybine : « I met God. Life is beautiful. I’ll never be the same. » Un an plus tard, au monastère de Poblet, sans aucune substance, elle vit une expérience similaire : « Je suis bénie. » Docteure en psychologie sociale, elle ne pouvait pas s’arrêter à la simple sensation. Elle a voulu comprendre ce que la science savait de cette capacité, apparemment universelle, à donner du sens à ce qui nous dépasse. C’est précisément cette capacité que les chercheurs appellent, depuis les années 2000, l’intelligence spirituelle.
Ce que vous allez découvrir
- D’où vient le concept d’intelligence spirituelle, et pourquoi il divise les chercheurs
- Ce qui la distingue de l’intelligence émotionnelle et de la religiosité
- Ses piliers, ses signes concrets, et si elle est innée ou peut se développer
- Les tests scientifiquement validés pour la mesurer, dont une échelle validée en français
- Ce que la science reconnaît, et le risque d’instrumentalisation que le concept comporte
D’où vient le concept d’intelligence spirituelle ?
L’idée qu’il puisse exister d’autres formes d’intelligence que le QI n’est pas nouvelle. Dans les années 1990, le psychologue Daniel Goleman popularise l’intelligence émotionnelle (QE) : la capacité à percevoir, comprendre et réguler ses émotions et celles des autres. Le succès de ce concept a ouvert une question dans le champ de la psychologie : et s’il existait une troisième forme d’intelligence, tournée non plus vers les émotions du moment, mais vers le sens et les grandes questions de l’existence ?
En 2000, la physicienne Danah Zohar et le psychiatre Ian Marshall publient SQ: Spiritual Intelligence, the Ultimate Intelligence. Leur thèse : l’intelligence spirituelle (SQ) serait le socle qui donne son cadre au QI et au QE, “l’intelligence avec laquelle nous plaçons nos actions et nos vies dans un contexte plus large, plus riche, porteur de sens”.
La même année, le psychologue Robert Emmons (Université de Californie à Davis) publie dans l’International Journal for the Psychology of Religion un article resté une référence : Is Spirituality an Intelligence?. Il définit l’intelligence spirituelle comme « l’usage adaptatif d’informations spirituelles pour faciliter la résolution de problèmes du quotidien et l’atteinte d’objectifs », et propose cinq composantes : la capacité de transcendance, l’aptitude à atteindre des états de conscience élevés, la capacité à investir le quotidien d’une dimension sacrée, l’usage de ressources spirituelles pour résoudre des problèmes existentiels, et la capacité à un comportement vertueux (pardon, gratitude, humilité, compassion). Cette dernière composante a depuis été retirée par Emmons lui-même, à la suite des critiques d’autres chercheurs qui objectaient que les vertus relèvent de la personnalité, pas de l’intelligence.
Julie Dachez consacre un chapitre entier de Qu'est-ce que vous croyez ? à l'intelligence spirituelle, qu'elle présente comme "la nouvelle ère de l'intelligence". Elle y explore ses dimensions, ses applications concrètes, et les risques de sa récupération.
Découvrir le livreIntelligence spirituelle et intelligence émotionnelle : quelle différence ?
Et si l’intelligence émotionnelle et l’intelligence spirituelle n’étaient que deux façons différentes de désigner la même chose ? Ce n’est pas le cas.
Les deux se recoupent mais ne se confondent pas. L’intelligence émotionnelle est tournée vers l’instant présent : elle vous permet de percevoir que vous êtes en colère, d’en comprendre la source, et de gérer cette émotion sans qu’elle vous submerge. L’intelligence spirituelle vise plus loin : elle s’intéresse au sens que prend un événement dans l’ensemble de votre existence, indépendamment de l’émotion qu’il déclenche sur le moment.
Percevoir, comprendre et réguler ses émotions et celles des autres. Popularisée par Daniel Goleman dans les années 1990. Ancrée dans l'instant.
Situer un événement dans un cadre de sens plus large. Mobiliser des valeurs et une conscience élargie pour orienter son comportement face aux grandes questions existentielles.
Dans la pratique, les deux s’articulent souvent. Zohar et Marshall vont jusqu’à écrire que l’intelligence spirituelle serait “le socle nécessaire” du QI et du QE : sans un cadre de sens pour les orienter, la lucidité émotionnelle et l’intelligence logique perdraient une partie de leur direction. Cette hiérarchisation reste toutefois une thèse, pas un fait établi : la recherche n’a pas démontré qu’une forme d’intelligence “précède” les autres.
Que peut-on en retenir ?
L’intelligence émotionnelle vous aide à traverser une épreuve sans être submergé. L’intelligence spirituelle vous aide à comprendre pourquoi elle compte, ou à décider qu’elle ne changera pas ce à quoi vous tenez.
Intelligence spirituelle et religiosité : pas la même chose
Une confusion fréquente consiste à assimiler intelligence spirituelle et pratique religieuse. Ce n’est pas ce que mesurent les chercheurs.
L’intelligence spirituelle, telle que définie par Emmons ou par l’échelle SISRI que nous détaillons plus bas, ne présuppose aucune croyance en une divinité personnelle. Une personne athée peut afficher un score élevé si elle possède une pensée existentielle critique développée, un sens élevé de ce qui compte pour elle, et la capacité à mobiliser cette clarté face à l’adversité. À l’inverse, une pratique religieuse assidue n’implique pas automatiquement une intelligence spirituelle élevée : on peut suivre des rituels sans avoir développé la réflexion existentielle qui les sous-tend.
Cette distinction rejoint celle, plus large, que nous détaillons dans notre article sur la différence entre spiritualité et religion : la religion est une institution collective, la spiritualité une expérience personnelle. L’intelligence spirituelle serait alors une compétence, mobilisable dans un cadre religieux comme en dehors de tout cadre religieux.
Les piliers de l’intelligence spirituelle
Plusieurs modèles coexistent, mais le plus scientifiquement robuste reste celui de David King et Teresa DeCicco (2009, Trent University), qui ont validé psychométriquement quatre facteurs à partir desquels ils ont construit l’échelle de mesure la plus utilisée au monde sur le sujet, le SISRI-24.
La capacité à réfléchir de façon critique sur des questions existentielles : le sens de la vie, la mort, la réalité, l'existence.
La capacité à dégager un sens et un objectif personnels de toutes les expériences physiques et mentales, y compris de la souffrance.
La capacité à percevoir des dimensions transcendantes de soi, des autres et du monde matériel pendant l'état de conscience ordinaire.
La capacité à entrer et sortir volontairement d'états de conscience spirituels supérieurs (contemplation profonde, méditation, prière).
Un modèle plus ancien et plus popularisé, celui de Danah Zohar, décrit plutôt douze qualités (conscience de soi, spontanéité, humilité, compassion, tolérance à la diversité, indépendance de champ, capacité à poser les questions fondamentales “pourquoi”, capacité à recadrer positivement l’adversité, sens de la vocation, entre autres). Il est plus riche en intuitions, mais n’a jamais fait l’objet d’une validation psychométrique aussi rigoureuse que le modèle de King et DeCicco.
Quels sont les signes de l’intelligence spirituelle au quotidien ?
L’intelligence spirituelle ne se manifeste pas seulement lors d’une expérience mystique ou d’une retraite. Elle transparaît dans des situations ordinaires.
Vous reconnaissez-vous dans l’une de ces situations ?
- Vous continuez à poser la question “pourquoi” sur des sujets que d’autres considèrent comme réglés, sans vous satisfaire de réponses toutes faites.
- Face à une contrariété mineure (retard, contretemps, conflit), vous parvenez à la relativiser rapidement en la replaçant dans une perspective plus large.
- Vous ressentez un sentiment de connexion ou de sens dans des moments ordinaires : un repas partagé, un trajet, un silence.
- Vous supportez l’incertitude sur les grandes questions (la mort, le sens de la vie) sans avoir besoin de réponses définitives pour continuer à avancer.
- Face à une épreuve, vous cherchez activement à comprendre ce qu’elle peut vous apprendre, plutôt que de la vivre comme un pur accident.
Ce dernier point rejoint directement un mécanisme que nous détaillons dans notre fiche sur le coping spirituel : la capacité à recadrer une épreuve pour lui donner du sens est à la fois une stratégie d’adaptation documentée et l’une des expressions les plus concrètes de l’intelligence spirituelle en action.
Intelligence spirituelle : innée ou acquise ? Peut-on la développer à tout âge ?
Les deux modèles principaux, celui de Zohar et Marshall comme celui de King et DeCicco, s’accordent sur un point : l’intelligence spirituelle n’est pas figée à la naissance. Elle se développe, se cultive, et peut évoluer tout au long d’une vie.
Il existe probablement une part de tempérament : certaines personnes semblent naturellement plus enclines à la réflexion existentielle ou à la contemplation. Mais les chercheurs insistent sur le fait qu’il s’agit d’une compétence entraînable, au même titre que l’intelligence émotionnelle. Cindy Wigglesworth, autrice du modèle SQ21 et de ses 21 compétences, utilise l’image de la “musculation spirituelle” (“spiritual weightlifting”) : comme un muscle, l’intelligence spirituelle se renforce par une pratique répétée, pas par une illumination ponctuelle.
Cela signifie aussi qu’aucun âge n’est un obstacle. Les études sur le sujet ont été conduites aussi bien auprès d’adolescents que d’adultes en fin de vie, sans qu’un âge particulier n’apparaisse comme un plafond.
Dans Qu'est-ce que vous croyez ?, Julie Dachez explique comment développer concrètement son intelligence spirituelle, et met en garde contre les usages détournés de ce concept.
Découvrir le livreComment développer son intelligence spirituelle : exercices concrets
Les chercheurs et praticiens s’accordent sur quelques pratiques régulièrement associées à une progression du score aux échelles d’intelligence spirituelle.
Noter, en fin de journée, un moment qui a fait sens, et pourquoi. Cet exercice renforce directement la "production de sens personnel", l'un des quatre piliers validés par la recherche. Le journal de gratitude en est la variante la plus étudiée.
Méditation, prière, marche silencieuse : la [pleine conscience](/glossaire/pleine-conscience/) est l'un des outils les mieux documentés pour cultiver l'expansion des états de conscience.
Lister ce qui compte réellement pour vous, indépendamment des attentes extérieures. Cette clarification nourrit la pensée existentielle critique face aux décisions importantes.
Lire, écouter ou côtoyer des visions du monde éloignées de la vôtre. La tolérance à la diversité de pensée fait partie des qualités identifiées par Zohar comme centrales à l'intelligence spirituelle.
Dans le champ professionnel, plusieurs travaux en psychologie du leadership associent une intelligence spirituelle développée chez les dirigeants à un meilleur alignement entre les valeurs personnelles et celles de l’organisation, ce qui est aussi mobilisé dans les démarches de prévention du burn-out et du désengagement au travail. Ces recherches restent un champ émergent : elles documentent des associations, pas encore des relations de cause à effet clairement établies.
Que peut-on en retenir ?
Il n’existe pas de méthode miracle. Mais journal de sens, pratique contemplative régulière, clarification des valeurs et ouverture à d’autres visions du monde sont les quatre leviers les plus régulièrement cités dans la littérature.
Pourquoi développer son intelligence spirituelle : bienfaits, relations et résilience
Au-delà de la définition, pourquoi s’y intéresser concrètement ?
Sur le bien-être. Les études utilisant le SISRI-24 montrent des corrélations positives et cohérentes entre le score d’intelligence spirituelle et différentes mesures de bien-être psychologique, de sens de la vie et de bien-être spirituel. Comme pour la spiritualité et la santé mentale au sens large, ces effets sont réels mais modérés : l’intelligence spirituelle est un facteur parmi d’autres, pas une garantie de bonheur.
Sur les relations. Plusieurs composantes de l’intelligence spirituelle, en particulier la capacité à investir le quotidien d’un sens partagé et l’ouverture à des perspectives différentes, favorisent une écoute plus profonde et une tolérance accrue face aux désaccords. Une personne qui parvient à situer un conflit dans une perspective plus large a statistiquement moins tendance à l’envenimer.
Sur la résilience face aux épreuves. C’est peut-être le lien le mieux documenté. La capacité à mobiliser un cadre de sens face à l’adversité est au cœur de ce que nous détaillons dans notre article sur la croissance post-traumatique : les personnes qui parviennent à transformer une épreuve en tremplin s’appuient très souvent sur les mêmes ressources que celles mesurées par les échelles d’intelligence spirituelle, la production de sens personnel en tête.
Et vous : quand vous repensez à une période difficile de votre vie, quelle place le sens que vous lui avez trouvé, sur le moment ou après coup, a-t-il joué dans la façon dont vous l’avez traversée ?
Comment mesurer l’intelligence spirituelle : les tests qui existent
Contrairement à ce que suggèrent les nombreux quiz en ligne non sourcés, il existe de véritables outils de mesure validés scientifiquement.
Le plus utilisé est le SISRI-24 (Spiritual Intelligence Self-Report Inventory), développé par King et DeCicco (2009) et publié dans l’International Journal of Transpersonal Studies. Il comporte 24 items répartis sur les quatre piliers présentés plus haut, et a été traduit et validé dans de nombreux pays (Chine, Pologne, Portugal). Une adaptation et validation francophone, la SISRI-23-Fr, a été publiée en 2025 par Chevallier, Bailly, Ameline, King et Roussiau dans la revue Psychologie du Travail et des Organisations, confirmant sa structure à quatre facteurs sur des échantillons français.
Nous avons mis en ligne ce test, gratuitement et sans inscription : vous obtenez votre score global sur 96 et le détail de vos quatre dimensions, avec une interprétation pour chacune.
Test SISRI-24
Testez votre intelligence spirituelle
24 questions, 5 minutes, un score global et un détail par dimension (pensée existentielle critique, conscience transcendantale, expansion des états de conscience, production de sens personnel).
Faire le testUn autre outil largement utilisé dans le monde professionnel est le SQ21 de Cindy Wigglesworth, qui évalue 21 compétences réparties en quatre quadrants (conscience de soi, présence à soi, conscience sociale, présence sociale). Contrairement au SISRI, il n’a pas fait l’objet de publications dans des revues à comité de lecture avec la même rigueur psychométrique, mais il reste très employé en coaching et en formation au leadership.
Julie Dachez propose dans son livre son propre test pour évaluer votre intelligence spirituelle, dans un chapitre qui explore aussi les applications concrètes du concept.
Découvrir le livreL’intelligence spirituelle est-elle reconnue scientifiquement ?
C’est la question qui divise le plus la communauté scientifique, et il serait malhonnête de la trancher trop vite.
Quand Robert Emmons a publié son article fondateur en 2000, trois chercheurs ont été invités à y répondre dans la même revue. Leurs positions résument bien le débat vingt-cinq ans plus tard :
- Howard Gardner, le père de la théorie des intelligences multiples, a répondu par un “non” nuancé. Pour lui, le contenu de l’intelligence spirituelle reste flou, ses prétentions à une “vérité” restent invérifiables, et le terme “spirituel” porte des connotations trop chargées culturellement. Il a proposé à la place une “intelligence existentielle” plus neutre, qui n’est pas nécessairement rattachée à la spiritualité.
- Susan Kwilecki a répondu par un “oui” nuancé.
- John Mayer, codéveloppeur du concept d’intelligence émotionnelle avec Peter Salovey, a répondu par un “peut-être”, jugeant l’idée intéressante mais insuffisamment définie pour remplir les critères stricts d’une intelligence au sens psychométrique.
Ce débat n’a jamais été definitivement tranché. Ce qui a changé depuis 2000, c’est la qualité des outils de mesure : le SISRI-24 a permis de sortir la discussion du terrain purement théorique pour la confronter à des données. Les corrélations mesurées avec le bien-être, le sens de la vie et d’autres traits psychologiques sont solides. Ce qui reste débattu, c’est la nature même du concept : s’agit-il d’une intelligence à part entière, ou d’un ensemble de traits de personnalité et de valeurs, aussi importants soient-ils ?
Que peut-on en retenir ?
L’intelligence spirituelle est mesurable et corrélée à des indicateurs de bien-être solides. Ce qui n’est pas tranché scientifiquement, c’est de savoir si elle mérite le mot “intelligence”, ou s’il s’agit d’un mot séduisant pour désigner autre chose : un ensemble de compétences existentielles bien réelles, mais pas une intelligence au sens strict de Gardner.
Le risque d’instrumentalisation
Julie Dachez consacre une partie de son chapitre à un point rarement soulevé ailleurs : le risque que le concept d’intelligence spirituelle soit détourné à des fins de soumission plutôt que d’émancipation. Présenter l’obéissance, le renoncement à l’esprit critique ou l’adhésion sans question à un groupe comme des marqueurs de “haute intelligence spirituelle” est un procédé que l’on retrouve dans certaines dérives sectaires, documentées dans notre fiche sur la conspiritualité. La vraie intelligence spirituelle, telle que la définissent les chercheurs, inclut précisément la pensée critique face aux affirmations qui prétendent détenir une vérité incontestable, y compris quand cette affirmation se pare du mot “spirituel”.
Questions fréquentes sur l’intelligence spirituelle
L’intelligence spirituelle est-elle la même chose que la foi religieuse ? Non. L’intelligence spirituelle est une compétence de réflexion existentielle et de production de sens, mesurable indépendamment de toute croyance religieuse. Une personne athée peut afficher un score élevé ; une personne pratiquante peut en avoir un score faible.
Quels sont les auteurs de référence sur l’intelligence spirituelle ? Danah Zohar et Ian Marshall (2000) pour la popularisation du concept, Robert Emmons (2000) pour sa formalisation académique, David King et Teresa DeCicco (2009) pour sa mesure scientifique validée (SISRI-24), et Cindy Wigglesworth pour son application au monde professionnel (SQ21).
Existe-t-il un test d’intelligence spirituelle validé en français ? Oui. La SISRI-23-Fr, adaptée et validée par Chevallier, Bailly, Ameline, King et Roussiau (2025) dans la revue Psychologie du Travail et des Organisations, est la seule échelle française à ce jour validée sur le plan psychométrique. Vous pouvez faire notre version en ligne du SISRI-24, gratuite et sans inscription.
Peut-on avoir une intelligence spirituelle élevée sans être croyant ? Oui. Les quatre piliers mesurés par le SISRI-24 (pensée existentielle critique, production de sens, conscience transcendantale, expansion des états de conscience) sont accessibles indépendamment de toute croyance en une divinité.
L’intelligence spirituelle protège-t-elle du burn-out ? Des travaux en psychologie du travail associent une intelligence spirituelle développée à un meilleur alignement entre valeurs personnelles et professionnelles, ce qui réduirait le risque de désengagement. Ces données restent corrélationnelles : elles ne prouvent pas un effet protecteur direct.
Pourquoi certains chercheurs refusent-ils de parler d’“intelligence” spirituelle ? Parce que, selon les critères stricts de Howard Gardner, une intelligence doit être mesurable de façon indépendante et ne pas se confondre avec des traits de personnalité ou des valeurs. Gardner lui-même préfère le terme d’“intelligence existentielle”, plus neutre.
Sources : Zohar D. & Marshall I. (2000). SQ: Spiritual Intelligence, the Ultimate Intelligence. Bloomsbury. / Emmons R.A. (2000). Is spirituality an intelligence? Motivation, cognition, and the psychology of ultimate concern. International Journal for the Psychology of Religion, 10(1):3-26. / King D.B. & DeCicco T.L. (2009). A viable model and self-report measure of spiritual intelligence. International Journal of Transpersonal Studies, 28(1). / Chevallier M., Bailly N., Ameline A., King D.B. & Roussiau N. (2025). Intelligence spirituelle : adaptation francophone et examen des qualités psychométriques de l’échelle SISRI-23-Fr. Psychologie du Travail et des Organisations, 31(2):107-125. / Wigglesworth C. (2014). SQ21: The Twenty-One Skills of Spiritual Intelligence. SelectBooks. / Dachez J. (2026). Qu’est-ce que vous croyez ? Albin Michel.


